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Aujourd'hui, grande méditation sur mon INSOUCIANCE.... passée.

Insouciance, mais où es-tu?
toi par qui j'ai toujours vécu
Reviens! viens me sauver,
Et dis moi si je rêvais?
Toutes ces années, j'ai cru,
Tout ce temps, je l'ai vécu,
Mais aujourd'hui c'est fichu,
Car oui, je ne te crois plus!

La jeunesse insouciante n'a pas encore de passé, ou si peu. Elle échappe donc à la nostalgie, si propice à la mélancolie. Elle peut s'en remettre aux autres pour assurer son quotidien et s'adonner sans retenue aux jouissances de la vie et à la quête du bonheur.
En théorie, l'âge adulte, et sa froide raison, devrait abandonner l'insouciance et se rendre à l'évidence : le temps des contingences est venu, avec son cortège d'obligations, de règles sociales, d'oppositions, de chagrins, de malheurs, même. D'aucuns persistent pourtant dans le déni. Ces adultes insouciants mènent leur vie différemment du commun des mortels. La part d'innocence qu'ils ont perdue, ils la remplacent par un soupçon d'indifférence et de légèreté, un peu d'indolence, un air de philosophie bonhomme, un chouïa de laisser faire et de laisser dire. Leur optimisme n'est pas forcément béat ni feint, non, car les insouciants ont seulement décidé de ne pas anticiper l'avenir.
Le grand âge connaît-il l'insouciance ? Certes non, car il pense à la mort. Or, l'insouciant de bon teint aime à croire que la vie éternelle est ici, sur terre.
Advienne que pourra et après nous le déluge !
Daniel Confland